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A PROPOS DE LA SCULPTURE COMMÉMORATIVE.

          

     A chaque époque sa mémoire, l’esprit d’un temps est fait, entre autres, des repères qu’il se donne.

          A un siècle de distance, le XIX siècle, ses pompes et son goût immodéré du monument nous rend circonspect à l’égard de la sculpture. Certaines expériences menées par les sculpteurs rajoutent à l’inquiétude. Aujourd’hui, à l’heure du choix entre un traitement paysagé " qui ne fera pas de vagues " et l’implantation d’une sculpture, qui, de toute façon, demande également une réflexion sur le paysage, la tentation est grande d’éliminer à priori la consultation d’un sculpteur.

          Je pense, quant à moi, qu’il est possible de concevoir, sur la voie publique, des sculptures qui "parlent haut et clair " à nos contemporains et qui découlent, néanmoins, de la grande histoire de la sculpture éternelle. Je pense que le principe d’une œuvre plastique, c’est-à-dire constituée d’un volume renvoyant la lumière, peut toujours être d’actualité, pourvu que son sens soit bien défini .

          Il n’est pas dans l’esprit de notre temps de célébrer. Aujourd’hui, une sculpture, par sa situation autant que par sa conception, peut évoquer ou affirmer l’existence permanente dans nos mémoires de tel(le) personnalité ou événement, de telle réalité ou interrogation. Cette conception est proche du sens originel du terme monument, du latin monere : avertir, rappeler.

 

          Imaginer une sculpture inscrite dans notre temps et dans notre espace relève surtout d’un processus intuitif, je propose pourtant quelques repères dans une liste qui n’est pas close :

- Je pense que le sens d’une sculpture doit être clair et antrer en résonance avec la vie du lieu.

- Pour être vue des passants, une sculpture doit être, entre autres, un jeu subtil avec la lumière.

- L’originalité ne peut pas être un axe prioritaire de recherche pour une œuvre qui, par nature, doit durer. Par contre, l’originalité d’une œuvre peut être l’un des résultats d’une profonde adéquation à sa fonction.

- Dès l’origine d’un projet, je considère le lieu d’implantation, son caractère et ses contraintes, comme des éléments constitutifs de l’œuvre.

- Enfin, la mise en situation de la sculpture est toujours le résultat de la bonne collaboration entre les différents intervenants du projet.